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Le tabac coûte cher à la société
Les coûts du tabac sont multiples et de nature diverse
Il existe différentes manières d’évaluer les coûts du tabagisme et il est impossible de tous les chiffrer. Le tabagisme est en effet avant tout un problème de santé publique qui engendre une diminution de la qualité de vie, de la détresse et de la souffrance.
La complexité de l’évaluation résulte également de la multiplicité des domaines concernés, de l’absence de données dans certains domaines, ou du moins de données partielles.
Les économistes ont élaboré différents modèles et distinguent généralement les coûts directs, comme les dépenses engagées pour soigner les malades du tabac, des coûts indirects, comme les journées de travail perdues et leur indemnisation en raison des arrêts maladie.
Contrairement aux idées reçues, le tabac ne “rapporte” pas, mais induit un coût extrêmement élevé à la collectivité.
Même en prenant en compte les taxes (13 milliards d’euros), qui en tant que telles ne créent aucune richesse mais sont de simples prélèvements, ainsi que les retraites non versées du fait de la mort prématurée des personnes (environ 5 milliards), le coût net du tabagisme en 2005 représentait en France plus de 47 milliards d’euros, soit 3 % du PIB [1]. En somme, le tabac coûte l’équivalent d’un impôt indirect annuel de 772 euros à chaque concitoyen.
Le tabac nuit à l’économie et constitue un frein majeur au développement de nombreux pays
Des économistes ont démontré que la réduction du tabagisme est bénéfique au développement économique et à l’emploi.
La consommation de tabac détourne en effet une partie des revenus des particuliers des autres secteurs de consommation.
Quant à l’industrie du tabac, elle ne créé plus d’emploi. Au cours des dernières décennies, elle a réduit de plus des deux tiers le personnel qu’elle employait en rationalisant sa production.
De plus, la matière première des cigarettes est essentiellement importée. Aussi l’argent dépensé pour un paquet de cigarettes profite d’abord et surtout aux fabricants de tabac, les taxes perçues par l’Etat ne couvrant pas les coûts induits.
Quand un fumeur arrête de fumer, les revenus qu’il économise sur le tabac se reportent sur les autres postes de dépenses (loisirs, sport, nourriture…). Or ces autres postes sont dans leur grande majorité beaucoup plus créateurs d’emplois que le tabac.
Ce constat est encore plus marqué dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires où les revenus des ménages peuvent être consacrés aux biens de consommation fondamentaux comme l’alimentation ou l’éducation des enfants.
Crédits photo : © Ewe Degiampietro
[1] Le coût social des drogues, les dépenses publiques dans le cadre de la lutte contre les drogues, Pierre Kopp, Philippe Fenoglio, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanes, www.ofdt.fr, 2005
Mots clés : Cancer tabac, Cardio-vasculaire tabac, Maladies tabac, Coût du tabac















