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« La France crève des arrangements entre copains »
Publiée mardi 25 octobre

La Présidence de la République et le Ministère du Budget ont déclaré s’opposer à l’instauration d’une taxe de 25 millions d’euros sur les profits des fabricants de tabac destinée à financer l’aide à l’arrêt et les mesures efficaces de réduction de la consommation de tabac. Dans le même temps, un nouvel impôt indirect va financer les débitants de tabac pour une valeur de plusieurs centaines de millions d’euros.
Paris, le 25 octobre 2011 - Au moment où s’engage la discussion sur le financement de la sécurité sociale dont le budget se caractérise par un déficit abyssal, le Ministère du Budget avec l’appui de la Présidence de la République a déclaré s’opposer à l’adoption d’un amendement déposé par le député Yves Bur visant à taxer les profits des cigarettiers en vue de financer l’aide à l’arrêt et la prévention du tabagisme.
Cette taxe aurait rapporté 20 à 25 millions d’euros, une goutte d’eau face aux milliards réalisés par les cigarettiers mais un financement indispensable pour lutter contre la première cause de mortalité prématurée évitable, susceptible de sauver des vies et de préserver les finances publiques. Les budgets de lutte contre le tabagisme déjà rarissimes ces dernières années atteignent dorénavant des niveaux proches de l’indécence : moins de 10 centimes d’euro par habitant.
Or, l’Elysée et le Ministère du Budget viennent d’adopter avec la confédération des débitants de tabac et ce en opposition avec les discours de rigueur budgétaire, un accord conduisant à leur verser de nouvelles aides. Rappelons à cet égard que plus de 1,245 millards ont déjà été payés ces dernières années par les contribuables aux buralistes (en moyenne plus de 5500 euros par débitant), dont les revenus n’ont cessé de croître tandis que la consommation de tabac repartait à la hausse.
Ces décisions sont en totale contradiction avec les positions officielles de la France, adoptées, notamment lors du sommet des Nations Unies à New York au cours duquel le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand déclarait notamment : « Le moment est venu de hisser la lutte antitabac au rang des priorités sanitaires, les maladies non transmissibles, dont le tabac est le facteur commun, mettent en péril nos systèmes de santé et nos systèmes économiques. La taxation des cigarettiers ne doit pas être un tabou ».
« Une telle position est moralement inqualifiable et économiquement déraisonnable » a déclaré le Professeur Yves Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme.
Le CNCT est membre de l’Alliance contre le tabac qui contribue aux travaux confiés à la mission d’Yves Bur pour définir une politique énergique de réduction de la consommation de tabac. Il interpelle donc directement le Président de la République, Nicolas Sarkozy, et la Ministre du Budget, Valérie Pécresse, afin qu’ils reconsidèrent leur position en vue de privilégier, cette fois, l’intérêt général sur les intérêts catégoriels.
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