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Que peut-on dire sur la cigarette électronique ?

 

 

La  cigarette électronique voit son usage se développer progressivement alors que les ventes de tabac diminuent et celles des substituts nicotiniques (timbres, gommes, spray …) stagnent.
Tous ces produits, tabac, cigarette électronique et substituts nicotiniques, contiennent de la nicotine qui est la plus puissante parmi les drogues licites et illicites actuellement sur le marché. Ce caractère extrêmement addictif de la nicotine est confirmé par une publication récente qui démontre que, à 6 mois sous placebo, 44 % des sujets dépendants aux opioïdes arrêtent seuls leur consommation, 18 % de ceux dépendants à l’alcool, et seulement 8 % des fumeurs de tabac (*).

Cette puissance addictive de la nicotine présente dans le tabac, associée aux risques sanitaires majeurs liés à la consommation de tabac fumé, explique que 2/3 des fumeurs veulent arrêter mais ont le plus grand mal à y parvenir. Aussi certains testent la cigarette électronique qui est volontiers présentée, sans preuve formelle, comme une aide à l’arrêt.

A ce jour, concernant l’usage de la cigarette électronique, les questions sans réponse sont nombreuses. Pour cette réflexion il est souhaitable d’envisager plusieurs points de vue, celui des fumeurs qui veulent arrêter, mais aussi celui des jeunes qu’il faut protéger contre la dépendance à la nicotine, sans oublier, le coût global pour la société de la consommation de nicotine.

 

Existe-t-il « une »  ou « des » cigarettes électroniques ?

Il est préférable de parler « des cigarettes électroniques » ; en effet de nombreux dispositifs variés sont proposés aux usagers. Il en est de même des produits « vapotés », avec la présence ou non de nicotine, à des concentrations variables. A ce jour aucune standardisation des dispositifs et des produits consommés n’existe.

L’industrie du tabac, qui a initialement négligé ce marché potentiel de la nicotine, fait actuellement des efforts considérables pour standardiser les cigarettes électroniques et les produits vapotés afin de reprendre la main sur ce marché. Par exemple BAT va lancer un modèle de cigarette électronique nommé « vype » alors qu’Altria (Philip Morris) va proposer le sien. L’objectif de l’industrie du tabac est de faire en sorte que les fumeurs restent dépendants de leur addiction à la nicotine le plus longtemps possible afin de pouvoir leur vendre un maximum de produits sur un maximum de temps.


Quels sont les risques sanitaires liés à l’usage des cigarettes électroniques ?

Actuellement, le recul est insuffisant pour répondre de façon formelle. Pourtant,  il est vraisemblable que vapoter soit moins dangereux que fumer, mais ce moindre risque vraisemblable reste à confirmer et à quantifier.
Rappelons que l’inhalation de fibres d’amiante, en dehors d’expositions massives, ne se traduit pas par des signes cliniques immédiats mais par la survenue de cancers du poumon et de la plèvre seulement après plusieurs décennies.
De plus, à côté du vapotage actif, il existe un vapotage passif qui se traduit par la présence de nicotine dans le sang de non-fumeurs non-vapoteurs, et par l’observation de signes discrets d’altération de la fonction respiratoire chez ceux-ci.

 

Les cigarettes électroniques peuvent-elles aider à arrêter de fumer ?

Aucune étude scientifique valable n’est actuellement publiée à partir de séries suffisamment importantes avec randomisation permettant d’évoquer un effet thérapeutique possible sur la consommation de tabac. Bien évidemment, des observations individuelles d’arrêt du tabac avec utilisation des cigarettes électroniques existent de même que des observations  d’échec après recours au vapotage.
Les quelques études actuellement publiées concernent de faibles nombres de vapoteurs, et sont souvent méthodologiquement « faibles » ; la fréquence observée d’arrêts de la consommation de tabac fumé parait modeste.


Est-il efficace pour la santé de vapoter pour fumer moins ?

L’usage des cigarettes électroniques pour diminuer la consommation de cigarettes afin de réduire les risques liés au tabagisme est un leurre sanitaire. De nombreuses études, sur des dizaines de milliers de fumeurs, montrent que réduire durablement sa consommation de tabac fumé, (ce qui est très difficile), ne réduit pas significativement les risques pour la santé du fumeur. En effet, le fumeur modifie alors son mode de fumage. De plus, pour beaucoup de pathologies liées à la consommation de tabac, le risque est déjà important pour des consommateurs très faibles. Enfin, les risques de cancer augmentent surtout en fonction du nombre d’années de tabagisme. La méconnaissance de cette « fausse  sécurité » va permettre à l’industrie du tabac de continuer à vendre  du tabac tout en vendant des cigarettes électroniques.

 

Doit-on autoriser le vapotage dans les lieux publics ?

En l’attente de l’avis du Conseil d’Etat sollicité par Madame la Ministre de la Santé, le CNCT souhaite que l’on ne puisse pas vapoter là où il est interdit de fumer. En effet, d’une part, d’un point de vue sanitaire  il existe un vapotage passif avec passage de nicotine dans le sang des non-fumeurs non-vapoteurs, et, d’autre part, d’un point de vue préventif l’interdiction de fumer dans les lieux publics a pour objet de « dénormaliser » la consommation de tabac. Ce retour en grâce affiché dans les lieux publics de la dépendance à la nicotine et de sa consommation par le biais de l’usage des cigarettes électroniques va redonner un côté glamour à cette dépendance.

Faut-il interdire la vente des cigarettes électroniques aux mineurs ?

Il n’existe aucun motif valable justifiant l’autorisation de la vente aux mineurs  d’un produit qui entraîne une dépendance aussi puissante.
Il faut craindre, en particulier, la possibilité  que l’usage par les jeunes des cigarettes électroniques avec nicotine puisse entraîner l’installation d’une dépendance à la nicotine avec consommation chronique et passage au tabac fumé.

Quel est le statut souhaitable de la cigarette électronique ?

Qu’il s’agisse des dispositifs ou des produits consommés par les vapoteurs, à ce jour aucun statut ni réglementation spécifiques n’existent  concernant leur vente en dehors des réglementations habituelles pour tous les produits de consommation humaine.
Les buralistes souhaitent que les cigarettes électroniques soient vendues dans leurs établissements. Toutefois, il ne s’agit pas de tabac à proprement parler et leur médiocre respect de la législation au cours des années (interdiction de vente aux moins de 18 ans et respect de la législation sur la publicité sur les lieux de vente) justifie que l’on ne confie pas à cette profession la vente de ces dispositifs et surtout de la nicotine.

Le CNCT recommande la vente exclusive en pharmacie des cigarettes électroniques et surtout de la nicotine. Professionnels responsables, pouvant donner des conseils sanitaires éclairés, les pharmaciens sont habitués à vendre des produits toxiques pour la santé, dont certains pour traiter des addictions tels que dérivés morphiniques… De plus, il n’est pas indispensable qu’un produit soit reconnu comme un médicament efficace avec une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour qu’il soit impérativement et exclusivement vendu en pharmacie. Cette position du CNCT est très proche de celle du gouvernement de la Grande-Bretagne et de la future Directive Européenne.

La publicité pour les cigarettes électroniques doit-elle être encadrée ?

Cet encadrement de la publicité dépendra du statut qui sera retenu pour les cigarettes électroniques et par là de leur lieu de vente ainsi que de l’évolution des connaissances concernant leur innocuité et leur intérêt éventuel dans le cadre d’un sevrage tabagique.
De toutes façons, s’agissant d’un dispositif capable au minimum d’entretenir, voire de provoquer la dépendance la plus puissante sur le marché, il n’y a aucune raison de laisser faire la publicité, qu’il s’agisse des risques sanitaires moindres allégués ou des arguments faisant état d’une aide au sevrage non scientifiquement démontrée à ce jour.

Concernant le marché de la nicotine faut-il avoir recours à la fiscalité comportementale ?

Il est souhaitable que les produits les plus dangereux et qui coûtent le plus cher à la société, c’est-à-dire les tabacs fumés soient les plus taxés, que les substituts nicotiniques qui sont non dangereux et qui aident à arrêter de fumer soient remboursés par la Sécurité Sociale et que le statut fiscal des cigarettes électroniques soit défini et adapté entre ces deux extrêmes en fonction de l’évolution des connaissances à leur sujet.


Sources :
(*) Robert A. Moore, Henri-jean Aubin. Do placebo response rates from cessation trials inform on strength of addictions? – Int.J. Environ. Res. Public Health 2012, 9: 192-211.

- Image : leparisien.fr

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