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Que révèlent ces fameux « documents internes » ?
- Sommaire du dossier :
- Les stratégies de publicité, marketing et promotion des cigarettes de l’industrie du tabac
- Les études de l’industrie sur la sociologie et la psychologie des fumeurs
- L’ingérence de l’industrie du tabac pour empêcher l’adoption de mesures politiques de santé publique : l’exemple du traité international de l’OMS
- La destruction et la mise à disposition de documents secrets de la part des compagnies de tabac
Parmi les enseignements que l’on peut tirer de ces documents, il apparaît que les fabricants, unanimement, ont adopté une position officielle qui se voulait très rassurante en direction des consommateurs et des responsables politiques et qui allait à l’encontre de leurs connaissances. Ils ont ainsi délibérément menti pendant des décennies pour empêcher que des mesures de santé publique de protection soient adoptées, susceptibles de réduire leurs ventes.
Les effets du tabac sur la santé
De nombreux documents, dont certains remontent au début des années 50 révèlent de manière détaillée, comment les compagnies de tabac ont nié et dissimulé les preuves manifestes relatives à la dangerosité de leurs produits y compris les preuves émanant de leurs propres laboratoires.
On découvre comment l’industrie du tabac a mené ses propres recherches sur des animaux montrant les effets cancérigènes du tabac par exemple.
L’industrie du tabac a financé des experts scientifiques et des journalistes, qui le plus souvent ne révélaient pas leurs liens, et qui écrivaient et témoignaient devant des comités gouvernementaux, en minimisant le rôle du tabac en tant que cause de pathologies pour les fumeurs ou niant que la fumée de tabac constitue un danger pour les non-fumeurs.
Les compagnies de tabac et leurs agences de communication et de relations publiques ont aussi organisé des conférences scientifiques dans lesquelles leurs consultants s’efforçaient de « maintenir la controverse » - une formulation mainte fois répétée - , notamment sur la question du tabagisme passif, également qualifié de fumée de tabac environnementale.
Enfin, les documents ont révélé que les industriels du tabac savaient depuis des décennies que les cigarettes soi disant « légères », qui promettaient moins de goudrons et de nicotine et qui étaient présentées comme une réponse pour les fumeurs préoccupés des risques pour leur santé, étaient en fait tout aussi toxiques car elles étaient fumées en inspirant plus profondément et plus fréquemment afin de compenser les niveaux moindres de nicotine. Les compagnies, parfaitement au courant de ce phénomène de compensation, ont délibérément fait la promotion de ces cigarettes en laissant clairement entendre qu’elles étaient plus sûres pour la santé. Les fabricants ont même été jusqu’à contrer les interdictions de publicité en arguant du fait que la publicité en faveur des cigarettes légères contribuaient à « informer » les consommateurs sur des produits plus sûrs pour la santé.
Les recherches portant sur les propriétés et effets de la nicotine et l’addiction
Le tabac est une drogue mais dans une optique de respectabilité, il était fondamental qu’un tel terme ne soit pas associé à la cigarette et aux autres produits du tabac. Dans cette perspective, les fabricants de tabac ont nié en bloc le fait que leurs produits rendaient les consommateurs dépendants. L’exemple le plus marquant de cette dénégation est sans doute le moment où les sept représentants des compagnies de tabac américaines ont chacun juré devant une commission d’enquête du Congrès américain que la nicotine ne rendait pas dépendant.
Or les documents internes attestent qu’ils connaissaient particulièrement bien les propriétés addictives de la nicotine et qu’ils ont même manipulé leurs produits pour les rendre plus addictogènes.
En effet, de nombreux scientifiques travaillant pour l’industrie du tabac savaient que c’était la principale raison qui expliquait que les gens fument, et qu’il leur était difficile d’arrêter précisément du fait de cette dépendance. Ils savaient également que l’impact de la nicotine pouvait être majoré en la délivrant plus rapidement au cerveau au travers d’additifs, d’adjonction d’ammoniaque, de manipulations génétiques des plants de tabac British American Tobacco a ainsi, mené des expériences secrètes tendant à manipuler génétiquement les plants de tabac afin qu’ils aient un rendement en nicotine deux fois plus élevé que la moyenne obtenue avec des plants de tabac classiques.
Outre les 4000 substances chimiques recensées dans la fumée de tabac (dont plus d’une soixantaine sont des cancérigènes bien connus), l’étude des documents de l’industrie du tabac nous apprend que ces compagnies utilisaient des agents chimiques afin d’accroître la dépendance à la nicotine, contribuant ainsi à élargir les voies pulmonaires en vue d’accélérer l’absorption de la fumée, ou encore d’atténuer l’âcreté du tabac en ajoutant des parfums ou des saveurs attractives. Ces saveurs souvent sucrées (cacao, réglisse, chocolat, menthe) attirent particulièrement les jeunes.
Mots clés : Industrie du tabac, Stratégies marketing tabac, Document interne














